Avril 2026 – Emploi et transition verte au Québec
Le marché du travail québécois poursuit son ralentissement en avril 2026. Après une importante baisse observée en février, l’emploi recule de nouveau de 43 300 postes (-0,9 %) en avril. Depuis janvier, ce sont 90 700 emplois qui ont été perdus au Québec (-1,9 %), une diminution marquée qui touche autant les secteurs de production de biens que ceux des services.
Cette situation témoigne d’un ralentissement économique généralisé plutôt que d’un choc isolé dans quelques industries seulement.
Un recul marqué de l’emploi depuis le début de l’année
Entre janvier et avril 2026, les pertes d’emplois se répartissent dans l’ensemble de l’économie :
- Secteur de la production de biens : -42 300 emplois
- Secteur des services : -48 500 emplois
L’emploi à temps plein est particulièrement touché, avec une baisse importante de 97 000 postes (-2,6 %), tandis que l’emploi à temps partiel progresse légèrement (+6 300; +0,7 %).
Le secteur de la fabrication continue d’afficher des pertes importantes :
- -11 100 emplois en avril seulement
- -16 100 emplois depuis janvier
Selon les analyses de Desjardins, la faiblesse démographique ne suffit pas à expliquer l’ampleur du recul observé. Les données suggèrent plutôt un ralentissement économique plus large, cohérent avec l’évolution récente du PIB québécois.
Des secteurs qui demeurent en croissance
Malgré ce contexte plus difficile, certains secteurs continuent d’afficher des gains d’emplois :
- Services d’hébergement et de restauration (+8 900; +3,7 %)
- Soins de santé et assistance sociale (+6 500; +1,0 %)
- Services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien (+800; +0,5 %)
Ces secteurs jouent un rôle important dans l’adaptation des milieux de travail, la gestion des infrastructures et le maintien des services essentiels.
À l’inverse, les principales baisses en avril touchent :
- Commerce de gros et de détail (-14 200; -2,1 %)
- Fabrication (-11 100; -2,2 %)
- Construction (-8 800; -2,8 %)
Cette dynamique illustre les transformations en cours dans plusieurs industries traditionnelles, alors que les besoins en adaptation, en efficacité et en innovation continuent d’évoluer.
Les travailleurs de 25 à 54 ans particulièrement touchés
Le principal bassin de main-d’œuvre demeure le plus affecté par le ralentissement économique.
Depuis janvier :
- Les travailleurs de 25 à 54 ans ont perdu 65 800 emplois (-2,2 %)
- Les pertes concernent surtout les emplois à temps plein (-72 300; -2,6 %)
Les hommes de 25 à 54 ans sont particulièrement touchés :
- -55 500 emplois (-3,5 %)
- Hausse du taux de chômage de 4,5 % à 6,6 %
À l’inverse :
- Les jeunes de 15 à 24 ans limitent les pertes grâce à une progression de l’emploi à temps partiel
- Les travailleurs de 55 ans et plus enregistrent une légère hausse mensuelle de l’emploi en avril (+3 600; +0,4 %), malgré des pertes depuis le début de l’année
Ces tendances soulignent l’importance de soutenir le développement des compétences et l’adaptation professionnelle dans un contexte de transformation du marché du travail.
Montréal concentre une grande partie du ralentissement
La région métropolitaine de Montréal est particulièrement touchée par la baisse de l’emploi.
Entre janvier et avril 2026 :
- L’emploi y recule de 55 800 postes (-2,3 %)
- Cela représente plus de 60 % des pertes d’emplois observées au Québec
Le taux de chômage atteint 7,7 % en avril, son niveau le plus élevé depuis 2016, excluant la période pandémique.
La RMR de Montréal concentre également près de 68 % des nouveaux chômeurs observés au Québec depuis le début de l’année.
Cette situation rappelle l’importance stratégique des secteurs liés à l’innovation, à la transition énergétique, aux technologies propres et aux services spécialisés dans l’économie montréalaise et québécoise.
Un marché du travail en transformation
Les données d’avril montrent un marché du travail en ajustement, marqué par un ralentissement plus généralisé de l’économie québécoise.
Dans ce contexte, les secteurs associés à la transition verte demeurent stratégiques pour accompagner les transformations économiques à venir :
- services scientifiques et techniques;
- optimisation des ressources;
- gestion environnementale;
- agriculture durable;
- infrastructures et efficacité énergétique.
Le développement des compétences et l’accompagnement des travailleurs demeurent essentiels pour soutenir cette transition et répondre aux nouveaux besoins du marché.
Se préparer aux transformations à venir
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